Homélie dimanche des Rameaux

Homélie dimanche des Rameaux 05/04/2026

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit

Aujourd’hui est une belle et joyeuse fête mais qui annonce en réalité les évènements tragiques de la Passion du Christ.

Pendant longtemps certains pays ont eu pour tradition de faire une procession avec un évêque sur un âne ou un cheval qui bénissait les gens en les saluant avec des branches. La procession se terminait à la cathédrale où la Liturgie était célébrée.

On perdure cette tradition à notre manière ici en amenant des Rameaux aujourd’hui pour qu’ils soient bénis.

Les 4 Evangélistes parlent de l’Entrée à Jérusalem du Christ, ce moment est précédé d’un repas chez Marthe, Marie et Lazare, pendant lequel Marie, la sœur de Lazare a recouvert les pieds de Jésus d’une myrrhe parfumée, qui préfigure sa mise au Tombeau selon les mots du Christ : « Laisse-la, c’est pour le jour de ma sépulture qu’elle devait garder ce parfum. »

Mais j’aimerais d’abord vous parler un peu du réveil de Lazare. Je dis réveil et non résurrection. Jésus ne dis pas qu’il est mort éternellement mais seulement endormi. Pour que Lui qui est la Résurrection et la Vie soit le premier, le prototype en toute chose, sauf le péché. Qu’il nous ouvre et nous montre le chemin.

Il nous dit : « Qui croit en Moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. »

Jésus fait de la mort un passage. Il manifeste ici la profondeur de son humanité en pleurant avec ceux qui pleurent. Il fait face à quelque chose qu’il n’a ni crée, ni désiré, qui est la mort, et il frémit en son esprit … Mais Il est pleinement Dieu et, dans Son Amour infini, met fin au pouvoir de la mort sur l’Homme.

Malgré tout, ceux qui sont présent doutent. Ça demande un acte de foi magnifique, alors que tout semble terminé, qu’un changement de situation semble impossible, que Lazare est au tombeau depuis 4 jours, le Christ vient nous rappeler la Toute-Puissance de Dieu qui s’accomplit dans la faiblesse de l’Homme. Comme Moïse et le peuple d’Israël devant la mer Rouge, ils allaient mourir, et pourtant Dieu, par l’intermédiaire de Moïse avec son bâton, fendit la mer en deux, ouvrant une voie nouvelle et inattendue. Ce bâton qui peut représenter la Croix du Christ, passage vers la Vie.

Lazare c’est chacun d’entre nous quand on est vaincu par la mort spirituelle, liés par les bandelettes du péché, prisonniers sous la pierre du tombeau. Dans cette situation et toute situation du quotidien qui semble désespérée, il nous reste le Christ. Voilà quelques mots …

Et les Juifs croyaient que le Christ, qui avait réveillé Lazare, viendrait comme un Roi guerrier les délivrer des Romains. Au contraire il est venu montrer un chemin bien différent, bien plus humble, bien plus profond, bien plus vrai, bien plus important.

Jésus est venu nous libérer, oui. Mais pas d’une oppression politique. Il est venu nous libérer du péché, de la mort, de l’absence d’amour.

Mais est-ce que la plupart du temps, on ne fait pas pareil que ceux qui acclamaient Jésus ?

On attend avec hâte que Dieu vienne nous aider, on attend qu’il se plie à nos exigences, qu’il soutienne notre volonté. Et au moment où ça ne va pas dans mon sens je me détourne, me rebelle, je ne viens plus à l’église, j’accuse le monde entier, je désespère, au lieu de me convertir, de transformer ma vie par la Grâce de Dieu. Il est bien plus difficile d’aimer, d’avoir de la compassion, de pardonner que de juger, mépriser ou critiquer. Cette Semaine est un temps de conversion profonde, de vérification intérieure, de guérison de nos fragilités et nos faiblesses. Pour qu’on puisse entrer dans la Résurrection du Christ avec toutes nos limites pour être guéris. Et non avec un masque qui montre au monde un beau visage pieux mais qui cache un visage défiguré.

Comment j’accueille la présence du Christ ? C’est agréable, on la désire, mais souvent pour satisfaire nos propre besoins. Qu’est ce qu’on a à offrir à Dieu ? Dès que ça devient un peu difficile on s’en prend à Lui, ou aux autres. Alors que suivre le Christ implique de communier à Sa Vie ! C’est-à-dire mener une vie commune avec Lui, dans les joies comme dans les difficultés. Et on sait combien Sa Vie parmi nous n’a pas toujours dû être paisible et douce.

Un des psaumes avant la communion dit : « Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu’il m’a donné ? Je prendrais le calice du salut et j’invoquerais le Nom du Seigneur ».

En regardant comment le Christ nous aime, on peut voir à quel point on aime peu. Mais ce n’est pas une fatalité ! C’est une occasion de conversion, c’est là tout notre travail ici sur terre, chercher à recevoir cet amour qui me fait aimer au-delà de moi-même.

Il faut de nouveau l’action de la foi dans nos vies, le désir de servir le Christ : « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive. Et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera »

La foi est un travail de chaque instant, de chaque jour, on demande souvent beaucoup de signes, mais de signes il ne nous sera donné que celui de Jonas.

Sans cette foi donnée par Dieu, pour rentrer dans cette relation amoureuse avec Lui, voir un miracle, même un mort qui revient à la vie ne suffirait pas.

Aujourd’hui est un jour de fête et de réjouissance mais qui inclut également de participer pendant cette Semaine Sainte au chemin que le Christ a pris pour être glorifié. On ne pourra entrer dans la Lumière de la Résurrection qui se lève au loin, uniquement en entrant dans les ténèbres avec le Christ.

A nous de nous tourner humblement dans la prière vers le Christ pour qu’Il combatte en personne dans notre cœur les divisions.

En entrant dans Jérusalem, Jésus sait où Il va. Il sait vers quoi il se dirige ! « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire et être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? »

Mais il en a déjà donné l’issue aux Apôtres : « L’heure est venue, où le Fils de l’Homme doit être glorifié. En vérité, en vérité, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. Mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit. »

La gloire de Dieu, c’est la manifestation de son Amour pour nous !

Alors avant d’entrer dans cette Sainte Semaine, essayons de nous poser la question : Comment j’ai vécu ce Carême ? Est-ce que j’ai accepté de voir mes faiblesses et que j’ai cheminé vers le repentir ? Est-ce que j’ai trouvé un peu plus de paix face à ceux qui m’ont blessé ? Est-ce qu’en sortant de l’église, je vais méditer sur le Mystère qui s’accomplit, sur le sens des offices de cette Semaine ? Comment je me prépare à accueillir le Christ Ressuscité ?

Alors, je pense que si l’on répond de manière authentique, sincère, honnête avec Dieu et avec nous-même, on pourra s’approcher le cœur en paix, qu’on soit l’ouvrier de la première ou de la onzième heure n’importe plus, tant que je prends conscience que cette Semaine de la Passion soit pour moi le commencement d’une vie nouvelle, que je continue de progresser dans mon pèlerinage intérieur à la rencontre du Dieu Vivant et que je porte la ferme résolution dans mon cœur de suivre le Christ pour l’éternité.

« Hosanna au plus haut des Cieux, béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur »

Amen

Père Syméon Çuhaciender

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