Homélie Guérison de l’Aveugle-né 7-05-2026
Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit
Christ est Ressuscité !
« Qui a péché ? »
Cette phrase, on l’a déjà tous vécue, expérimentée. Pour les autres, ou pour nous-même. On a déjà pu se dire quand quelque chose de difficile nous arrive : « Pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que j’ai raté ? Tout est ma faute. » ou alors pour les autres : « Ah lui, il a dû faire quelque chose de mal, il est puni ! » ou encore « Il paye pour l’erreur de sa famille ! »
Et on se résigne souvent dans la souffrance en se disant que, finalement, c’est la Volonté de Dieu. Et on finit par vouloir se protéger de Dieu, qu’on tient responsable de nos difficultés.
Et pourtant non, ce n’est pas la Volonté de Dieu. Il permet certaines situations, pour une raison bien précise, parfois pour notre conversion, parfois pour le salut d’un proche, parfois pour affermir notre foi, notre patience, les raisons sont infinies mais toujours pour notre bien ou le bien d’un autre. Il ne veut pas qu’on souffre, Il ne veut pas qu’on désespère. On en souffre parce qu’on ne lâche pas prise, on ne s’abandonne pas avec confiance à l’action de Dieu dans ma vie.
La Tradition orthodoxe ne partage pas cette idée de karma, fondé sur le fait de devoir payer ses mauvaises actions jusqu’au bout, ou de prospérer par ses bonnes actions.
Même si on y retrouve des similitudes sur la forme, l’esprit est fondamentalement différent.
Par exemple, le Starets Thadée nous rapporte la pensée des Pères : « Sème l’Amour, tu récolteras l’Amour, sème la Paix, tu récolteras la Paix. »
Ou encore l’épitre aux Galates : « Ce que l’on sème, on le récolte : qui sème dans sa chair, récoltera de la chair, la corruption ; qui sème dans l’esprit, récoltera de l’esprit, la Vie éternelle. » (6, 7-8)
On doit donc passer de l’Homme charnel, encore aveugle et esclave de ses passions, à l’Homme spirituel, illuminé par la Lumière du Saint Esprit. Et c’est ce dont nous parle l’Evangile d’aujourd’hui.
Le repentir, la communion, la confession, les sacrements nous permettent de recevoir la Miséricorde et la Compassion de Dieu, bien au-delà de notre péché le plus horrible.
L’Amour de Dieu pour chacun d’entre nous et son désir d’entrer en communion avec l’Homme est le fondement de l’Evangile et de l’Incarnation du Christ.
Nos bonnes pensées agissent en nous et autour de nous, de même nos pensées agitées ou passionnées nous rendent esclaves et agissent en nous et autour de nous. Notre vie, notre état extérieur est un reflet de notre état intérieur. Que souvent on ne voit pas d’ailleurs. D’où l’importance d’être en communauté pour se découvrir, d’avoir un Père ou une Mère spirituelle qui nous renvoie à nous-même comme un miroir ou de se regarder au travers de l’Evangile. On se rendrait compte que finalement j’ai beaucoup de chemin et beaucoup de confessions à faire ! Est-ce que j’aime comme le Christ ? Est-ce que j’ai, ne serait-ce qu’une infime partie de Son Humilité ? Est-ce que j’ai peut-être effleuré celle des Saints ? Est-ce que j’ai approché une seule vertu au cours de mon existence ?
Si on est honnêtes, on se rendra bien compte qu’on en est encore loin et que sans Dieu, on ne peut rien faire.
Plus on s’approche de Dieu, plus sa Lumière transforme nos vies. On ne combat pas le mal par le mal, on combat le mal en montrant la beauté. Et c’est ce que le Christ fait aujourd’hui. Il nous invite à laisser Sa Lumière pénétrer nos cœurs pour y voir nos infirmités. Infirmités qu’Il prendra soin de guérir.
En se basant sur l’Evangile, écoutons la réponse du Christ : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu. »
Jésus nous dit clairement qu’au travers des évènement douloureux du monde de la chute, la Miséricorde et l’Amour infini de Dieu seront toujours présents, vivants et agissants pour refaçonner ce monde comme un Paradis. Pour remplir de Sa Lumière nos ténèbres. Pour nous guérir, nous rendre la vue.
Je dis « le monde de la chute » mais la Création n’y est pour rien. Le monde de la chute n’existe que dans le cœur de l’Homme. En soi le mal n’a aucune essence, il est vivant par l’absence de bien. La Création est comme un cheval blessé qui court, bridé par la folie de l’humanité qui le chevauche.
On voit donc dans l’Evangile que le fait que l’aveugle soit né comme ça n’est pas le résultat du péché. Mais qu’au contraire, cette fragilité est un terrain fertile, une porte ouverte pour que Dieu vienne. Et le Christ, qui agit pour le Salut du monde, travaille inlassablement à rassembler ses brebis tant que nous sommes sur Terre ! Parce qu’un jour, on quittera cette existence pour la Vie éternelle et on se présentera devant Lui. « La nuit vient, où nul ne peut travailler. »
Tant que nous sommes ici, travaillons notre cœur, apprenons à aimer, pour se rendre disponibles à recevoir, à voir la vraie Lumière.
L’Evangile rapporte ensuite que Jésus cracha par terre, fit de la boue avec sa salive et enduisit les yeux de l’aveugle, en lui disant d’aller se laver à la piscine de Siloé, qui signifie : Envoyé. On retrouve cette même image en Genèse.
Quand Dieu forme l’être humain de la glaise du sol, et lui insuffle dans les narines une haleine de vie. On retrouve cette dimension créatrice, mais ici le Christ guérit l’aveuglement. Pourquoi le Christ a choisi l’aveugle ? L’Evangile ne rapporte aucun dialogue ou demande de la part de l’aveugle-né. On sait simplement qu’après sa parole aux disciples, Jésus s’approche, façonne de la boue et guérit cette personne.
On peut dire que sans Lumière, je ne vois pas. Avec la Lumière, tout est clair. Et c’est par les yeux que la Lumière est perçue. Mais qu’est-ce que l’œil dans l’Evangile ?
« La lampe du corps, c’est ton œil. Si donc ton œil est sain, ton corps tout entier sera lumineux. Mais si ton œil est malade, ton corps tout entier sera ténébreux. Examine donc si la Lumière qui est en toi n’est pas ténèbres »
Les Pères parlent de cette œil comme la partie de notre âme capable de recevoir Dieu. Et que si cette partie est malade, tout est voilé et notre vision s’obscurcie et cache Dieu. Alors que si cette partie s’efforce de garder la communion avec Dieu par la pensée, la prière, les sacrements, l’Amour de Dieu éclairera notre vie.
On voit donc que la guérison de cet aveugle est la réponse directe et miraculeuse du Christ à la question des Apôtres. Et que le véritable péché est d’abord spirituel.
Alors nous aussi, après avoir reçu la Lumière par l’Eucharistie, devenons des « envoyés » dans le monde pour témoigner de la manière dont Dieu prend soin de nous. Même dans nos difficultés, même si notre témoignage est rejeté. Et si par sa salive, le Christ guérit l’aveuglement, combien plus par la communion à Son Corps et Son Sang, Il guérit notre être dans sa totalité.
Amen
Christ est Ressuscité !
7-05-2026
Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit
Christ est Ressuscité !
« Qui a péché ? »
Cette phrase, on l’a déjà tous vécue, expérimentée. Pour les autres, ou pour nous-même. On a déjà pu se dire quand quelque chose de difficile nous arrive : « Pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que j’ai raté ? Tout est ma faute. » ou alors pour les autres : « Ah lui, il a dû faire quelque chose de mal, il est puni ! » ou encore « Il paye pour l’erreur de sa famille ! »
Et on se résigne souvent dans la souffrance en se disant que, finalement, c’est la Volonté de Dieu. Et on finit par vouloir se protéger de Dieu, qu’on tient responsable de nos difficultés.
Et pourtant non, ce n’est pas la Volonté de Dieu. Il permet certaines situations, pour une raison bien précise, parfois pour notre conversion, parfois pour le salut d’un proche, parfois pour affermir notre foi, notre patience, les raisons sont infinies mais toujours pour notre bien ou le bien d’un autre. Il ne veut pas qu’on souffre, Il ne veut pas qu’on désespère. On en souffre parce qu’on ne lâche pas prise, on ne s’abandonne pas avec confiance à l’action de Dieu dans ma vie.
La Tradition orthodoxe ne partage pas cette idée de karma, fondé sur le fait de devoir payer ses mauvaises actions jusqu’au bout, ou de prospérer par ses bonnes actions.
Même si on y retrouve des similitudes sur la forme, l’esprit est fondamentalement différent.
Par exemple, le Starets Thadée nous rapporte la pensée des Pères : « Sème l’Amour, tu récolteras l’Amour, sème la Paix, tu récolteras la Paix. »
Ou encore l’épitre aux Galates : « Ce que l’on sème, on le récolte : qui sème dans sa chair, récoltera de la chair, la corruption ; qui sème dans l’esprit, récoltera de l’esprit, la Vie éternelle. » (6, 7-8)
On doit donc passer de l’Homme charnel, encore aveugle et esclave de ses passions, à l’Homme spirituel, illuminé par la Lumière du Saint Esprit. Et c’est ce dont nous parle l’Evangile d’aujourd’hui.
Le repentir, la communion, la confession, les sacrements nous permettent de recevoir la Miséricorde et la Compassion de Dieu, bien au-delà de notre péché le plus horrible.
L’Amour de Dieu pour chacun d’entre nous et son désir d’entrer en communion avec l’Homme est le fondement de l’Evangile et de l’Incarnation du Christ.
Nos bonnes pensées agissent en nous et autour de nous, de même nos pensées agitées ou passionnées nous rendent esclaves et agissent en nous et autour de nous. Notre vie, notre état extérieur est un reflet de notre état intérieur. Que souvent on ne voit pas d’ailleurs. D’où l’importance d’être en communauté pour se découvrir, d’avoir un Père ou une Mère spirituelle qui nous renvoie à nous-même comme un miroir ou de se regarder au travers de l’Evangile. On se rendrait compte que finalement j’ai beaucoup de chemin et beaucoup de confessions à faire ! Est-ce que j’aime comme le Christ ? Est-ce que j’ai, ne serait-ce qu’une infime partie de Son Humilité ? Est-ce que j’ai peut-être effleuré celle des Saints ? Est-ce que j’ai approché une seule vertu au cours de mon existence ?
Si on est honnêtes, on se rendra bien compte qu’on en est encore loin et que sans Dieu, on ne peut rien faire.
Plus on s’approche de Dieu, plus sa Lumière transforme nos vies. On ne combat pas le mal par le mal, on combat le mal en montrant la beauté. Et c’est ce que le Christ fait aujourd’hui. Il nous invite à laisser Sa Lumière pénétrer nos cœurs pour y voir nos infirmités. Infirmités qu’Il prendra soin de guérir.
En se basant sur l’Evangile, écoutons la réponse du Christ : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu. »
Jésus nous dit clairement qu’au travers des évènement douloureux du monde de la chute, la Miséricorde et l’Amour infini de Dieu seront toujours présents, vivants et agissants pour refaçonner ce monde comme un Paradis. Pour remplir de Sa Lumière nos ténèbres. Pour nous guérir, nous rendre la vue.
Je dis « le monde de la chute » mais la Création n’y est pour rien. Le monde de la chute n’existe que dans le cœur de l’Homme. En soi le mal n’a aucune essence, il est vivant par l’absence de bien. La Création est comme un cheval blessé qui court, bridé par la folie de l’humanité qui le chevauche.
On voit donc dans l’Evangile que le fait que l’aveugle soit né comme ça n’est pas le résultat du péché. Mais qu’au contraire, cette fragilité est un terrain fertile, une porte ouverte pour que Dieu vienne. Et le Christ, qui agit pour le Salut du monde, travaille inlassablement à rassembler ses brebis tant que nous sommes sur Terre ! Parce qu’un jour, on quittera cette existence pour la Vie éternelle et on se présentera devant Lui. « La nuit vient, où nul ne peut travailler. »
Tant que nous sommes ici, travaillons notre cœur, apprenons à aimer, pour se rendre disponibles à recevoir, à voir la vraie Lumière.
L’Evangile rapporte ensuite que Jésus cracha par terre, fit de la boue avec sa salive et enduisit les yeux de l’aveugle, en lui disant d’aller se laver à la piscine de Siloé, qui signifie : Envoyé. On retrouve cette même image en Genèse.
Quand Dieu forme l’être humain de la glaise du sol, et lui insuffle dans les narines une haleine de vie. On retrouve cette dimension créatrice, mais ici le Christ guérit l’aveuglement. Pourquoi le Christ a choisi l’aveugle ? L’Evangile ne rapporte aucun dialogue ou demande de la part de l’aveugle-né. On sait simplement qu’après sa parole aux disciples, Jésus s’approche, façonne de la boue et guérit cette personne.
On peut dire que sans Lumière, je ne vois pas. Avec la Lumière, tout est clair. Et c’est par les yeux que la Lumière est perçue. Mais qu’est-ce que l’œil dans l’Evangile ?
« La lampe du corps, c’est ton œil. Si donc ton œil est sain, ton corps tout entier sera lumineux. Mais si ton œil est malade, ton corps tout entier sera ténébreux. Examine donc si la Lumière qui est en toi n’est pas ténèbres »
Les Pères parlent de cette œil comme la partie de notre âme capable de recevoir Dieu. Et que si cette partie est malade, tout est voilé et notre vision s’obscurcie et cache Dieu. Alors que si cette partie s’efforce de garder la communion avec Dieu par la pensée, la prière, les sacrements, l’Amour de Dieu éclairera notre vie.
On voit donc que la guérison de cet aveugle est la réponse directe et miraculeuse du Christ à la question des Apôtres. Et que le véritable péché est d’abord spirituel.
Alors nous aussi, après avoir reçu la Lumière par l’Eucharistie, devenons des « envoyés » dans le monde pour témoigner de la manière dont Dieu prend soin de nous. Même dans nos difficultés, même si notre témoignage est rejeté. Et si par sa salive, le Christ guérit l’aveuglement, combien plus par la communion à Son Corps et Son Sang, Il guérit notre être dans sa totalité.
Amen
Christ est Ressuscité !
