L’icône orthodoxe sainte de la Mère de Dieu« Joie de tous les affligés » ou consolatrice des affligés, consolation de tous ceux qui souffrent, guérison des malades, secours de tous les chrétiens, exprime la confiance en la miséricorde envers la Mère de Dieu et rappelle que toute consolation et toute guérison trouvent leur source en Jésus-Christ notre Sauveur. Le nom de l’icône provient des premiers mots de la stichère (hymne liturgique) dédiée à la Mère de Dieu.
Dans la tradition orthodoxe, la Très Sainte Mère de Dieu occupe une place particulière dans la prière des fidèles qui traversent l’épreuve. Par son intercession maternelle auprès de son Fils, elle accompagne ceux qui souffrent, soutient les faibles et console les affligés.
Fête : 24 octobre/6 novembre selon le calendrier julien suivi par l’Église russe.
Icône de la Mère de Dieu « Joie de tous les affligés »
Cette icône célèbre la compassion de la Mère de Dieu envers les souffrants et son intercession auprès de son Fils, Jésus- Christ notre Dieu et Sauveur.
Signification spirituelle et iconographie de l’icône de la Mère Dieu joie de tous les affligés
Le nom de cette icône exprime la consolation que la Mère de Dieu apporte aux personnes éprouvées. Selon la tradition orthodoxe, elle intercède auprès du Christ pour tous ceux qui souffrent.
Les fidèles invoquent la Toute-Sainte Mère de Dieu comme protectrice des opprimés, espérance des désespérés et consolation des affligés. Ils lui confient leurs épreuves et sollicitent son intercession auprès de son Fils, Jésus-Christ.
L’iconographie s’inspire de cette prière. Elle représente généralement la Mère de Dieu debout, les bras ouverts, entourée d’anges et de personnes souffrantes. Les anges présentent à la Vierge les prières et les détresses humaines.
Le Christ apparaît parfois au-dessus de sa Mère, dans les cieux. Il bénit et manifeste ainsi la source divine de toute grâce et de toute guérison.
Les iconographes représentent la Mère de Dieu tantôt avec l’Enfant Jésus, tantôt seule. Ils lui donnent parfois des vêtements royaux, une couronne ou un voile blanc.
L’icône miraculeuse Mère de Dieu « joie des affligés » de Moscou (1688)

L’icône de Moscou acquiert une grande renommée en 1688, sous le patriarcat de Joachim (1674-1690). La tradition rapporte alors la guérison miraculeuse d’Euphémie, sœur du patriarche.
Cette femme souffre d’une grave maladie, accompagnée d’une blessure profonde au flanc. Malgré ses souffrances, elle conserve sa confiance en Dieu et invoque la Mère de Dieu. Un jour, pendant sa prière, elle entend une voix qui lui recommande de chercher une icône appelée « Joie de tous les affligés ». Celle-ci se trouve dans l’église de la Transfiguration, rue Ordynka, à Moscou. La voix lui demande également de faire célébrer un office de supplication avec bénédiction de l’eau. Euphémie suit ces indications et reçoit la guérison le 24 octobre 1688.
À la suite de cet événement, l’Église institue une fête en l’honneur de cette icône. Elle conserve aujourd’hui encore une place particulière dans la dévotion orthodoxe.
L’icône est vénérée dans l’église moscovite de la Mère de Dieu « Joie de tous les affligés », située rue Bolchaïa Ordynka. La tradition rapporte que les fidèles s’y réunissent régulièrement pour prier devant elle.
L’icône de Mère de Dieu consolation des affligés de Saint-Pétersbourg et le miracle des douze pièces (1888)

Une autre icône portant le même nom devient célèbre à Saint-Pétersbourg. Les fidèles la connaissent sous l’appellation « Joie de tous les affligés avec les pièces de monnaie ». On vénère cette icône le 5 août (23 juillet, ancien calendrier)
Cette icône se trouve dans une chapelle proche d’une verrerie, dans le quartier de Klochki. Le 23 juillet 1888, un violent orage frappe Saint-Pétersbourg et ses environs. La foudre atteint la chapelle et provoque un incendie. Les flammes endommagent les murs et détruisent plusieurs icônes, tandis qu’un tronc à aumônes se brise.
Cependant, l’icône de la Reine du ciel reste intacte. Le choc la fait tomber au sol et douze petites pièces de cuivre (les groshiki) provenant du tronc se retrouvent fixées à sa surface. L’histoire des « groshiki » devint un signe de providence divine : les pièces, collées à l’icône lors de l’orage, furent perçues par les croyants comme un symbole d’aumône et de compassion envers les nécessiteux.
Son visage, auparavant assombri par la fumée et le temps, paraît également retrouver son éclat. Les fidèles accueillent cet événement comme un signe de la miséricorde divine. La nouvelle se répand rapidement dans la capitale. De nombreux pèlerins viennent alors vénérer l’icône et prier devant elle.
En 1890, la tradition rapporte également la guérison de Nikolaï Gratchev, un garçon de quatorze ans atteint d’épilepsie et de paralysie des bras. Après avoir prié devant l’icône, il retrouve la santé.
Une église dédiée à la Mère de Dieu est ensuite construite en 1898 à l’emplacement de l’ancienne chapelle.
Les deux traditions iconographiques de la Mère de Dieu consolation des affligés
Ces deux icônes expriment une même foi en l’intercession de la Mère de Dieu, mais présentent des particularités distinctes.
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L’icône de Moscou représente généralement la Vierge avec l’Enfant Jésus. Elle évoque particulièrement la consolation des affligés et la guérison d’Euphémie.
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L’icône de Saint-Pétersbourg représente la Vierge sans l’Enfant, les bras ouverts. Les douze pièces de cuivre constituent son signe iconographique distinctif.
Ces représentations rappellent que la Mère de Dieu accueille les prières des fidèles et les présente à son Fils, unique source du salut.
TROPAIRE ET KONDAKION pour la fête de la Mère de Dieu joie des affligés
Tropaire , ton 4
Courons maintenant avec ferveur vers la Mère de Dieu, / pécheurs et humbles, et prosternons-nous, / criant de repentance du plus profond de nos âmes : / Ô Dame, aidez-nous, ayez pitié de nous, / hâtez-vous, nous périssons sous le poids de nos péchés. / Ne renvoyez pas vos serviteurs les mains vides, // car vous êtes notre unique espérance.
Тропарь, глас 4
К Богоро́дице приле́жно ны́не притеце́м,/ гре́шнии и смире́ннии, и припаде́м,/ в покая́нии зову́ще из глубины́ души́:/ Влады́чице, помози́, на ны милосе́рдовавши,/ потщи́ся, погиба́ем от мно́жества прегреше́ний./ Не отврати́ Твоя́ рабы́ тщи,// Тя бо и еди́ну наде́жду и́мамы.
tropaire , ton 8
À la source intarissable de miséricorde, la Très Pure Vierge Mère de Dieu,/ tous les peuples, prêtres et étrangers,/ maris, femmes et enfants, bien portants et malades,/ dans le repentir, criant et disant avec émotion :/ Maîtresse, secourez vos serviteurs pécheurs,/ tandis que votre gloire se révèle,/ efforcez-vous toujours d’être en colère contre nous,/ demandez la purification des âmes et de nos corps/ à la source de notre vie, Dieu, // que vous, ô seule Bienheureuse, avez enfanté.
Ин тропарь, глас 8
Ко исто́чнику приснотеку́щему милосе́рдия, Пречи́стей Де́ве Богоро́дице,/ притеце́м, лю́дие вси, свяще́нницы же и и́ноцы,/ му́жие, и же́ны, и ча́да, здра́вии и боля́щии,/ в покая́нии вопию́ще и уми́льно глаго́люще:/ Влады́чице, помози́ гре́шным рабо́м Твои́м,/ яви́ я́ко Блага́я сла́ву Твою́,/ при́сно потщи́ся умилосе́рдитися на ны,/ испроси́ти очище́ние душ и теле́с на́ших/ от Исто́чника жи́зни на́шея, Бо́га,// Его́же родила́ еси́, еди́на Благослове́нная.
tropaire , ton 4
Ne restons jamais silencieux, ô Théotokos, / au sujet de Tes pouvoirs indignes : / car si Tu ne t’étais pas tenue devant nous en prière, / qui nous aurait délivrés de tels troubles ; / et qui nous aurait gardés libres jusqu’à présent ; / ne nous éloignons pas de Toi, ô Dame : // car Tu sauves toujours Tes serviteurs de tous les maux.
Ин тропарь, глас 4
Не умолчи́м никогда́, Богоро́дице,/ си́лы Твоя́ глаго́лати недосто́йнии:/ а́ще бо Ты не бы предстоя́ла моля́щи,/ кто бы нас изба́вил от толи́ких бед;/ кто же бы сохрани́л доны́не свобо́дны;/ не отсту́пим, Влады́чице, от Тебе́:// Твоя́ бо рабы́ спаса́еши при́сно от вся́ких лю́тых.
Kontakion , Ton 6
Il n’y a pas d’autre secours pour les imams, / pas d’autre espoir pour les imams, / qu’en Toi, Dame. / Tu nous aides : / nous espérons en toi et nous nous glorifions en toi, / car nous sommes tes serviteurs, / / ne nous laissons pas honte.
Кондак, глас 6
Не и́мамы ины́я по́мощи,/ не и́мамы ины́я наде́жды,/ ра́зве Тебе́, Влады́чице./ Ты нам помози́:/ на Тебе́ наде́емся и Тобо́ю хва́лимся,/ Твои́ бо есмы́ раби́,// да не постыди́мся.
Bibliographie:
Joie de tous ceux qui souffrent

